top of page

Bâtir au Moyen Âge

Je n'avais pas publié d'articles pédagogiques depuis longtemps (oups...) alors pour marquer la rentrée scolaire, je vous propose de remonter à nouveau le temps pour parler d'architecture au Moyen Âge. Glissons-nous dans la peau des bâtisseurs médiévaux avec quelques éléments simples sur la construction.


Le Moyen Âge est une longue période de construction : églises, châteaux, maisons... il y a des chantiers partout ! En pierre, en bois, en briques... selon les régions les matériaux peuvent diverger car on utilise le plus souvent les ressources locales, plus facilement accessibles.



Un chantier de construction (illustration réalisée pour le Pays d'art et d'histoire des Bastides du Rouergue)



La maison en pan de bois (ou colombage)

C'est LA technique de construction la plus utilisée pour l'habitat civil. Les raisons en sont simples :

  1. elle est peu coûteuse puisqu'elle économise la pierre de taille

  2. elle est rapide à mettre en œuvre (là encore on économise le temps de taille et de transport des pierres)

  3. elle est plus légère qu'une maçonnerie classique en pierre et va permettre de réaliser des encorbellements, c'est-à-dire bâtir par dessus l'espace public afin d'agrandir la surface habitable aux étages.

Mais un pan de bois, qu'est-ce que c'est au juste ?

Il s'agit d'une ossature en bois (généralement chêne ou châtaignier) formée de pièces de bois horizontales et verticales qui s'assemblent. À l'intérieur de ce "squelette", on applique un remplissage (appelé hourdis) qui peut être en torchis (mélange de terre, paille, eau), en brique ou en petites pierres selon les régions.


1. Maquette de l'ossature en bois ; 2. Vocabulaire d'un pan de bois ; 3. Maisons en pan de bois à Naucelle. L'hourdis est en pierre


Malgré tous ces avantages, ces constructions présentent également des inconvénients, notamment leur vulnérabilité face aux incendies. Dès le XVe siècle, certaines villes tentent alors de réglementer l’urbanisme et de limiter les pans de bois et les encorbellements. Mais ces mesures seront peu suivi d’effets avant le XVIIIe siècle.


Malgré leur apparente simplicité, les maisons en pan de bois ne sont pas réservées aux classes modestes. Si on les observe de plus près, on s'aperçoit que certaines sont le reflet du statut social du propriétaire, de sa richesse, de son goût, de sa connaissance de la mode. Cela se traduit par l'ornementation, sur les solives, les corbeaux, les encadrements des baies... qui sont sculptés.



Quelques maisons en pan de bois : 1. Sauveterre-de-Rouergue, 2 et 3. Angers, 4 et 5. Lannion, 6. Brioude


Particulièrement utilisé aux XVe et XVIe siècle, la technique du pan-de-bois est peu à peu délaissée à partir du XVIIIe siècle, notamment par les classes aisées qui lui préfèrent la pierre. A partir du début du XXe siècle, elles s’éloignent également des centre-bourgs pour construire des « villas » en périphérie, bénéficiant ainsi d’un jardin. Il faut dire aussi que les villes médiévales, petites, étroites, inadaptées au développement des véhicules sont souvent sales et sombres.


Aux XVIIIe et XIXe siècles, les grandes villes font l’objet de travaux d’urbanisme afin de les rendre plus modernes et plus ouvertes : on veut aligner les façades, rendre les rues plus droites et plus larges, ouvrir des places. Tout cela conduit à la destruction d’un grand nombre de maisons à pan de bois, notamment dans les grandes villes. Dans certaines petites villes de province, comme Sauveterre-de-Rouergue, les rez-de-chaussée sont maçonnés afin de faire disparaître les encorbellements et donner l'impression de façades droites.


Piliers supportant des structures en pan de bois pris dans une maçonnerie plus tardive (Sauveterre-de-Rouergue)



Le coin des bricolos

Pour créer votre maison en papier, cliquez sur l'image ! Imprimez, coloriez, découpez et montez votre maison !

Partagez ensuite votre création par mail ou sur les réseaux sociaux avec #patriminots.







Bâtir une église

Parmi les édifices les mieux conservés du Moyen Age, évoquons à présent les églises.


Édifiées d'abord en bois, elles sont peu à peu bâties en pierre à partir des Xe et XIe siècle. Le moine Raoul Glaber écrit à cette époque : « Trois années n’étaient pas écoulées dans le millénaire que, à travers le monde entier, et plus particulièrement en Italie et en Gaule, on commença à reconstruire les églises, bien que pour la plus grande part celles qui existaient aient été bien construites et tout à fait convenables. Il semblait que chaque communauté chrétienne cherchait à surpasser les autres par la splendeur de ses constructions. C’était comme si le monde entier se libérait, rejetant le poids du passé et se revêtait d’un blanc manteau d’églises. Presque toutes les églises épiscopales et celles de monastères dédiées aux divers saints, mais aussi les petits oratoires des villages étaient rebâtis mieux qu’avant par les fidèles. »


Art roman

L'une des principales caractéristiques de l'architecture romane est l'utilisation de la pierre pour la construction des voûtes (auparavant les plafonds étaient en bois).

Trois types de voûtes sont utilisées à cette époque :

- la voûte en plein cintre ou voûte en berceau

- la voûte en berceau brisé

- la voûte d'arêtes


Mais ce plafond en pierre est très lourd et exerce une pression sur les murs. Pour les consolider, on construit des contreforts à l’extérieur. Les bâtiments sont assez trapus et l'intérieur est généralement très sombre car les fenêtres sont petites et peu nombreuses (de grandes ouvertures fragiliseraient le mur).


Les colonnes supportant les arcs de la voûte deviennent le support d'un décor de plus en plus foisonnant : s'inspirant d'abord de l'Antiquité et des manuscrits enluminés, les corbeilles des chapiteaux s'ornent de feuillages (palmettes, feuilles d'acanthe...), d'entrelacs et de personnages ou d'animaux. Petit à petit, les représentations sont de plus en plus historiées, racontant des épisodes de la Bible ou de la vie des saints.


Quelques églises romanes : 1. Sérandon (Corrèze), 2. voûte d'arêtes dans la crypte de l'église de Castelnau-Pégayrols (Aveyron), 3 à 5. chapiteaux de l'église de Montjeau, 6. chapiteau de l'église de Rieupeyroux


Art gothique

L'architecture gothique se développe en France à partir du XIIe siècle. Grâce à de nouvelles techniques (les arcs brisés et les arcs boutants), on peut désormais construire des édifices plus hauts et plus grands, mais aussi de faire des murs plus minces. La plupart des cathédrales sont reconstruites (entièrement ou partiellement) à cette époque et l'art du vitrail connaît son apogée.


Le poids des voûtes est supporté par quatre piliers occupant les angles d'un carré ou d'un rectangle. La voûte d'ogives est composée par des arcs brisés (ou ogives) qui partent des quatre angles et se rejoignent au centre de l'espace couvert. Plus on écarte les piliers pour agrandir l'espace, plus il faut allonger les arcs et donc la hauteur de la voûte augmente. Le poids de la voûte n'est donc plus supportée par les murs, contrairement à l'architecture romane. Toutefois, pour consolider les piliers et éviter qu'ils ne s'écartent, on ajoute des arcs-boutants.



Quelques églises gothiques : 1. la cathédrale de Rodez ; 2. la cathédrale d'Albi ; 3. voûte sur liernes et tiercerons à Salles-Curan





----

Envie de faire découvrir l'architecture médiévale à vos élèves ? Les Patri'Minots animent dans les écoles et les centres de loisirs des ateliers "Petits bâtisseurs". Plus d'infos sur demande.


Pour découvrir (ou faire découvrir) la construction des cathédrales, voici un dessin animé drôlement bien fait : ici.


Et pour les bricolos, la Cité de l'Architecture vous propose de construire et de décorer la plus célèbre des cathédrales gothiques, Notre-Dame de Paris : maquette

Plus de bricolages à découvrir sur leur site pour jouer avec l'architecture !


-----

Toutes les publications de ce blog sont la propriété intellectuelle de Patri'Minots. Les textes et photos (sauf mention contraire) sont la propriété de l'auteur et ne sont pas libres de droit. Toutes copies ou reprises des textes et photos doivent faire l'objet d'une mention de l'auteur. Merci.





Comments


bottom of page