Balade en Aveyron : Brousse-le-Château

Brousse-le-Château se dresse sur un éperon au confluent de l'Alrance et du Tarn, un point stratégique puisque dès le Xe siècle un château y est mentionné. Il devait surveiller le passage du Tarn pour lequel les seigneurs devaient percevoir un péage.


Plusieurs seigneurs se sont succédés : d’abord les comtes de Rouergue, puis les comtes de Rodez, puis les Arpajon à partir de la fin du XIIe siècle (il s’agit d’une famille issue des comtes de Rodez) jusqu’au début du XVIIIe siècle, puis plusieurs familles jusqu’en 1839 où le château est vendu à la commune.


La ville, enfin, s'est développée au cours du Moyen Age, au pied du château et sur l'éperon en suivant le cours de l'Alrance.



LE CHÂTEAU

Le château se développe sur 150 mètres de longueur et comprend plusieurs éléments :

> les courtines (remparts) flanquées de plusieurs tours ;

> une tour appelée « tour du prisonnier » accessible depuis le chemin de ronde et qui pouvait servir de refuge aux gardes. Son rez-de-chaussée est aveugle et était autrefois accessible par un trou d’homme au premier étage (trou dans le plancher) ;

> un logis seigneurial construit du XVIe au XVIIIe siècle : il marque l’évolution du château. Au Moyen Age, celui-ci est avant tout militaire, comme en témoigne son architecture (remparts, tours de défense, canonnières, archères…) ; désormais on cherche le confort en perçant de grandes fenêtres, en aménageant de grandes salles ;

> une chapelle détruite au XIXe siècle ;

> des éléments de la vie quotidienne, comme un puits, un four, etc...



LE VIEUX PONT SUR L'ALRANCE

Un pont à une arche en plein cintre enjambe la rivière. Au centre une croix du XIXe siècle.

Au Moyen Age, le pont est un point de passage mais il peut aussi être pour le seigneur une importante source de revenu puisqu’un droit de passage y est souvent pratiqué : hommes, bêtes et marchandises doivent s’acquitter d’un péage pour pouvoir le franchir. Etait-ce le cas sur ce pont ?





L'ÉGLISE SAINT-JACQUES-LE-MAJEUR

L’église est dédiée à saint jacques dit le Majeur : il s’agit en fait de l’un des douze apôtres de Jésus.

Jacques fit notamment plusieurs voyages en Espagne où il chercha à évangéliser les populations, c’est-à-dire les convertir au christianisme. C’est dans ce pays qu’au IXe siècle, un ermite aurait eu une vision du tombeau de Jacques en Galice, sur un lieu où s’élèvera ensuite une église, puis une cathédrale devenue un important lui de pèlerinage : Saint-Jacques-de-Compostelle.

L’église actuelle de Brousse-le-Château a été construite au XVe siècle, sans doute à l’emplacement d’un édifice plus ancien dont des vestiges ont été découverts, comme ce panneau de chancel réutilisé dans le mur de l’église.

> Sauras-tu le retrouver ?



A côté de l’église, on peut encore voir les vestiges d’un ancien cimetière. Au Moyen Age et jusqu’au XIXe siècle – voire parfois jusqu’au début du XXe siècle – les cimetières sont autour des églises : vivants et morts se côtoient dans la ville. Ainsi, les morts ne sont pas oubliés, les vivants prient pour eux afin de leur permettre d’accéder au Paradis. Mais au XVIIIe siècle, dans les grandes villes, les cimetières débordent et posent des problèmes d’hygiène : on décide alors de mettre les cimetières en-dehors des villes. Il faudra un peu plus de temps pour que les cimetières des campagnes soient déplacés.

> Regarde bien les tombes et trouve la date de la dernière inhumation (enterrement).

Dans le cimetière, on peut également voir un petit oratoire sous forme de petite halle abritant une croix.


LES MAISONS À PAN-DE-BOIS


Le pan-de-bois désigne une construction alliant pierre et bois, puis bois et torchis. L’ossature du mur est formée de poutres de bois délimitant des carreaux. Le remplissage des carreaux peut être différent, selon les régions ou l’époque :

> avec des pierres, comme ici à Brousse-le-Château où l’on a utilisé des schistes et des gneiss plus difficile à tailler,

> avec du torchis (mélange de terre argileuse, de paille et d’eau) maintenu par une structure en bois (appelée lattis).


Le pan-de-bois était recouvert d’un enduit pour le protéger. Plus léger qu'une construction en pierre classique, il permettait de construire des maisons de plusieurs étages, notamment en ville où la place était limitée et les rues étroites.



LA STATUE-MENHIR DE CRAYS

Découverte en 1958 sur la commune de Brousse-le-Château, cette statue-menhir dite "de Crays" appartient à une catégorie de sculptures de l'époque Néolithique (c'est à cette époque que l'Homme devient agriculteur et se sédentarise), réalisées il y a environ 4 000 à 5 500 ans.

Il s'agit d'un menhir, c'est-à-dire une pierre dressée, gravée pour représenter un homme ou une femme. Ces statues ont surtout été retrouvées en Aveyron, dans le Tarn et l'Hérault. Elles représentent aussi bien des femmes (cheveux coiffés en natte, collier, seins) que des hommes (avec des armes). Une ceinture sépare le corps des jambes qui sont gravées ou sculptées. Ici, c'est une femme reconnaissable à son collier (formé de plusieurs rangs) et ses seins, bien que la tête ait disparu.

À quoi servaient-elles ? Qui représentent-elles ? Questions auxquelles il est difficile de répondre car les statues ont souvent été découvertes il y a longtemps, en dehors de fouilles archéologiques : on ne connaît donc pas le "contexte archéologique" ; on ne sait pas ce qu'il y avait autour. De plus, les Hommes de cette époque n'écrivaient pas ; ils ne ont donc pas laissés d'explications.

Peut-être s'agit-il de dieux, de rois, d'ancêtres qui veillent sur une communauté... Laissons donc parler notre imagination ...

Si vous voulez découvrir ces étonnantes sculptures, vous pouvez visiter le Musée Fenaille de Rodez qui en conserve la collection la plus importante.


A découvrir aussi : les ruelles étroites au sol en calade (sorte de pavage), les toits en lauzes, les points de vue sur le Tarn...


Plus d'infos : www.brousselechateau.net


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