Balade en Aveyron : l'espace archéologique du Sabel

De la Préhistoire à nos jours, le site du Sabel vous invite à un véritable voyage dans le temps! Des vestiges archéologiques jalonnent le sentier de randonnée (environ 3 km), pourrez-vous tous les retrouver ?


Le tyrannosaure en métal, réalisé avec des éléments de récupération par l'artiste André Debru. Son atelier se trouve à quelques kilomètres du site, à la sortie du village des Costes-Gozon.


Au début des années 1950, le site de Sabel (com. des Costes-Gozon) est fouillé par deux instituteurs des Costes-Gozon après qu'un de leurs élèves leur ait montré des objets découverts lors de labour. À cette époque, l'archéologie est principalement pratiquée par des amateurs éclairés et les découvertes sont bien souvent fortuites.

Les premières fouilles mettent au jour une quinzaine de tombes rupestres (creusées dans le rocher), à quelques centaines de mètres du hameau de Pinsac et de celui du Mas Viel (abandonné). Durant l'Antiquité et au Haut-Moyen Age, les sépultures sont bâties à l'écart de l'habitat et pas nécessairement près d'un lieu de culte. On parle alors de nécropole (à la différence du cimetière qui est associé à un lieu sacralisé). Ce n'est qu'autour de l'an mil que morts et vivants se rapprochent.



De nouvelles recherches, réalisées dans les années 1980, permettent de découvrir de nouvelles sépultures. Celles-ci sont creusées en pleine terre et peuvent être bordées de dalles de pierre ou bien recouvertes de dalles formant un toit en bâtière. 57 individus ont été inhumés dans les 37 tombes découvertes, certains défunts ayant une tombe individuelle, les autres se partageant une même sépulture (inhumations multiples). Quelques objets ont été découverts lors des fouilles, principalement liés aux vêtements que devaient porter les défunts au moment de l'inhumation. La nécropole est datée entre le IVe et le VIIe siècle.


Vestiges de tombes à caisson (des dalles de pierre bordent la tombe creusée en pleine terre)

Cet espace archéologique - sans doute plus important que les vestiges fouillés et actuellement visibles - est qualifié de "wisigoth". Un nom énigmatique... mais qui étaient les Wisigoths ?

Au début du Ve siècle, les Wisigoths, peuple celte originaire de la Mer Noire, s'installent en Gaule, entre Toulouse et l'Océan Atlantique, à la suite d'un traité avec l'Empire romain. Ce dernier, qui a été une immense puissance militaire et politique durant plusieurs siècles, est en pleine crise. Les empereurs se succèdent sur le trône impérial, des peuples "barbares" (le terme désigne alors les peuples vivant aux marges de l'Empire) mènent des incursions sur ses territoires - voire jusqu'à Rome même.


Toulouse devient la capitale de ce nouveau "royaume wisigoth". Leur territoire s'étend jusqu'en Espagne mais sera de courte durée puisqu'en 507 le roi des Francs, Clovis, repoussent les Wisigoths vers la péninsule ibérique. Le "royaume de Toulouse" aura donc duré un peu moins d'un siècle.

Les types de tombes retrouvés au Sabel ne sont pas propres aux wisigoths mais sont utilisées durant toute l'Antiquité tardive et le Haut-Moyen Age. D'ailleurs la datation de la nécropole, occupée entre le IVe et le VIIIe siècle, est bien plus large que la présence wisigoth dans notre région. Alors pourquoi ce qualificatif ?


Si l'on s'éloigne un peu de la nécropole, en suivant le sentier de randonnée, on pénètre dans une forêt et l'on découvre les vestiges du hameau du Mas Viel. Les alignements de pierre évoquent les maisons qui se trouvaient là, les meules et pressoirs disséminés un peu partout nous racontent la vie des villageois. Les vestiges archéologiques retrouvés sur place nous révèlent que ce site était fréquenté dès la Préhistoire (hache polie) et que le village était occupé au Moyen Age.



Le sentier ne passe pas à proximité mais la vue bien dégagée nous permet aussi d'apercevoir le dolmen de Pinsac-Rajal, qui trône fièrement au milieu d'une prairie. Si le dolmen a aujourd'hui l'aspect d'une table en pierre (dolmen = table), il s'agit en fait du vestige d'une ancienne sépulture. Le dolmen était au cœur de la construction et recouvert d'un tumulus (tertre) en terre et pierre qui a aujourd'hui disparu.



L'ensemble du site a été aménagé, un agréable sentier de randonnée (environ 3 km) permet de voir tous les vestiges. Le Parc Naturel Régional des Grands Causses a par ailleurs développé une application qui propose d'aborder le site grâce à une course d'orientation numérique (plusieurs niveaux de difficulté, parcours libre ou imposé, course contre le temps). Cette dernière est un moyen ludique de se promener en famille (nous l'avons fait deux fois, une fois en parcours imposé et une fois en libre pour découvrir de nouvelles balises) ! Une trentaine de bornes jalonnent le parcours, souvent bien dissimulées !

(À noter pour les organisateurs que deux bornes sont manquantes ou détériorées, ce qui est dommage car l'application ne permet pas de "sauter" une borne lorsqu'elle est manquante... nous avons terminé le parcours imposé sans badger du coup).



Et si vous avez le temps, vous pouvez aussi suivre la balade patrimoniale (jeu de piste numérique) qui vous invite à la découverte de l'histoire de la commune (non testée cette fois). Car d'autres vestiges, comme ceux du château des Costes-Gozon, sont à voir non loin de là. Ce sera pour une prochaine fois...



POUR EN SAVOIR PLUS

Sur le site de Tourisme Aveyron

Sur le site de la mairie

Le blog de l'office de tourisme Muse et Raspes du Tarn



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